Dans un style confus qui ne lui est pas habituel, Pierre Assouline, sur son blog (La République des Livres), tente de trouver intéressante la publication chez Gallimard du Journal de Valéry Larbaud (1881 - 1957). Je dis bien "tente", car il semble que les étranges circonvolutions critiques qui fleurissent dans ce billet (3 juillet 2009) pourraient aisément dissuader tout amateur de littérature personnelle de pousser la porte de son libraire pour demander le dit ouvrage.

Je juge en effet de manière sévère le mépris qui se sent dans une ou deux phrases de l'Assouline républicain sur le poids concret de l'ouvrage (2 kg), donc sur l'exhaustivité de l'entreprise. D'un poids l'autre, il évoque aussi la surcharge des notes qui n'auraient que le seul intérêt d'alimenter un thésard en mal d'espérance pour ses futurs écrits ou de construire la nuit d'un insomniaque qui écouterait un montage de ces textes-ci pour France Culture !

Pire, il ironise sur la banalité des notations due au genre "patrimonial" du journal (quel aimable contresens!) comme s'il ne savait pas que tout texte porte en lui sa nécessité.

Pire, il évoque quelques fulgurances, des excentricités d'écrivain ou des images "corsetées" sans voir que ce qui fait l'intérêt d'un journal intime n'est justement pas de faire pose, de garantir un intérêt, mais c'est de dire l'homme.

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Je ne sais si lire le Journal de Larbaud (annoté par Paule Moron) peut fournir l'occasion de mieux aimer celui que Eugenio d'Ors appelait l'homme qui a l'esprit de louange. Ce que l'on peut dire, c'est que Pierre Assouline, par sa vision des choses, ne participe guère de cet esprit.